Valparaiso et Pablo
Danse du soleil couchant sur la baie
Pablo Néruda avait toujours une valise prés de
lui, compagne fidèle de vies d’errances aux quatre coins du monde…Parmi ses
effets personnels, un inévitable "nécessaire d’écrivain" lui
permettant de tenir dans des carnets de voyage sa mémoire à flot…Revenu en
faveur avec le régime de son ami Allende alors président du Chili, il revint
dans son pays : " Je prends congé,
je rentre chez moi, dans mes rêves, je retourne en Patagonie où le vent frappe
les étables où l'océan disperse la glace. Je ne suis qu'un poète et je vous aime tous, je vais errant par le
monde que j'aime ".
Parmi ses autres lieux de résidence à Santiago et Isla Négra, Valparaiso par sa simplicité et sa prestance tenait dans son coeur une grande place. Après le renversement en 1973 du régime socialiste, sa destinée le fit suivre de près l’assassinat du président déchu, pour quitter ce monde, deux ans après avoir reçu la reconnaissance internationale par un prix Nobel de littérature…Trente ans après la disparition de ce peintre des mots, en 2003, Valparaiso, la "Vallée du Paradis", fût déclarée "Patrimoine de l'humanité" par l'Unesco, grâce notamment à l’impact de son centre historique.
"Il meurt lentement celui qui ne voyage pas, celui qui ne lit pas, celui qui n’écoute pas de musique, celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux…" ..."C'est là que je voudrais mourir et si je devais naître cent fois c'est là aussi que je veux naître près de l'araucaria sauvage, des bourrasques du vent du sud et des cloches depuis peu acquises …"
Nocturne sur les "cerros" (les 45 collines de Valparaiso)
"Valpo ", comme la surnomme les marins du monde entier, est un
concentré d’odeurs qui flotte au gré du vent marin. Selon les lieux, les
senteurs se déplacent comme certains marins la nuit venue à la démarche
incertaine. Toute l’année flottent dans l’air "poiscaille" et
sueurs salées rejetées par la flotte légère du port de pêche, vapeurs de mazout
et fumées âcres vomies par les cheminées habillées de suie de ces cargos à la
jeunesse passée, effluves torréfiées de l’usine de café prés du centre ville.
L’été, c’est le parfum fleuri des haies de bougainvillées qui prend le dessus
sur les terrasses étagées des "cerros", ces multiples collines
qui font comme un berceau à la baie.
"Là haut, sur les falaises, la misère fleurit à gros bouillons frénétiques de goudron et de gaieté. En bas, les grues, les embarcadères, les travaux de l'homme couvrent la ceinture de la côte d'un masque peint par le bonheur fugitif. " "Si nous parcourons tous les escaliers de Valparaiso, nous aurons fait le tour du monde…"
Ces quelques phrases de Pablo illustrent le caractère attachant comme dans une image collante de " Valpo"...Au rayon illustration, on peut comparer le Chili à une grande femme alanguie : la baie de Valparaiso par ses rondeurs est comme le corsage gonflé d’une belle et fine ingénue qui calme la chaleur de ses pieds de braise, la "tierra de fuego"dans les courants indomptables d’une eau sauvage et glacée…..
Dans cette ville comme un cargo encalminé dans
les souvenirs passés avec ses étages de pont, terrasses de collines sans cesse
illuminés, les nuits sont si riches que les marins voudraient qu’elles n’en
finissent jamais, qu’elles s’engluent dans les dédales des rues, qu’elles
s’enlisent dans ces escaliers glissants qui vous brisent lorsque à bord il faut
rentrer. Mais l’espoir que le temps oublie de passer, ce n’est qu’un rêve que
chasse cette lueur rose, allumant les feux d’une nouvelle journée, derrière les
croupes arrondies que les "cerros" sans pudeur exposent…De ce
ventre du port où les derniers marins en goguette se retirent, c’est une autre
frange humaine qui vient prendre le relais, offrant par ses multiples métiers
les besoins insatiables d’une communauté.
"Valparaiso , No me olvides", "Valparaiso, ne m'oublie pas" : Ce cri du coeur inscrit en lettres malhabiles sur des murs lépreux que les restes d’une peinture habille de ses lambeaux est la plainte réputée et répétée par les matelots à chaque départ de leur bateau !
Je remercie profondément Christian Couteau, auteur du très beau blog Aquarelle et Voyage. Il a rédigé avec passion et talent cet article sur Valparaiso et Pablo au creux de ses souvenirs et émotions profondes lors d'un lointain séjour au Chili, pays où Christian s'est "fondu à la chaleur de sa terre et de ses habitants". Il accorde à ce blog et ses lecteurs de passage l'avant première de sa note ! Admirez ses créations graphiques style aquarellé aux tons si chauds...
Christian exprime ses vifs remerciements aux auteurs de clichés qui lui ont permis par l’inspiration de leurs œuvres d’interpréter à sa manière les différentes illustrations de son article :
- Geludys del Rosario (Floride): "Cargo"
- Bertrand Coustou (Chili) : "Cireur de chaussures"
- Florence Landriot (France) pour les autres sujets.
A la suite de Christian, exprimez vos talents, laissez exploser votre passion pour le Voyage et la Culture.
Je vous ouvre les pages de mon blog et vous invite à rédiger votre article sur un des ces thèmes : voyage, environnement, tourisme, le récit d'un de vos voyages à travers vos découvertes et rencontres, par tous vos sens en éveil et vos émotions, votre voyage vers ailleurs au gré d'un livre ou d'une musique, d'un film ou d'une exposition, ou un sujet qui vous interpelle !
Je vous attends. Contactez-moi !











