Marsans Transtours : Pourquoi et Pour quoi une Fondation du Tourisme Durable ? (3/3)
Au cours de notre entretien en date du 19 avril 2007, Bruno Gallois a développé la position de Marsans Transtours en qualité de tour-opérateur impliqué dans le Tourisme solidaire et engagé aux côtés de Tourism For Development.
Aujourd'hui, il nous présente son projet de création de Fondation du Tourisme durable, structure indépendante qui rassemblerait les acteurs du tourisme, des tour-opérateurs aux autocaristes, des hôteliers aux compagnies aériennes même.
Il est vrai que les acteurs du Tourisme appartiennent à une profession impliquée dans la problématique du tourisme solidaire.
Comme le relève Bruno Gallois, la taxe Chirac - la fameuse contribution de solidarité sur les billets d'avion afin de faciliter l'accès aux médicaments pour les enfants atteints du sida, de paludisme ou de tuberculose dans les pays en voie de développement et affectée à
Unitaid - a généré un vif débat entre les tour-opérateurs.
S'il est vrai que la lutte contre la misère et les fléaux que sont ces maladies ravageuses constitue une juste cause, il est pertinent de s'interroger sur l'assiette de cette taxe.
Pourquoi assujettir le seul transport aérien et donc pénaliser uniquement le passager consommateur de l'avion ? D'autres modes de transport auraient pu, pourraient participer à cette cause honorable et verser leur dîme, comme le transport par voie ferrée et par conséquent le passager du train..et pourquoi pas même trouver d'autres sources de fiancement dans d'autres secteurs que le tourisme selon moi ?
Néammoins, la question est de savoir si, dans quelques années, cette taxe ne connaîtra pas le même sort que la célèbre vignette automobile : les fonds collectés garantiront-ils encore l'achat de médicaments ?
Sachez qu'aujourd'hui, cet impôt de solidarité permet de collecter 300 millions de dollars pour financer les traitements pour 250 000 enfants malades.
Quant à la lutte contre le tourisme sexuel, Bruno Gallois n'en fait pas allusion dans ses brochures. Un client qui partira en voyage par une de ses offres dans un but d'exploitation sexuelle d'enfants mineurs ne modifiera pas son comportement à la lecture d'un article du Groupe.
En réalité, la plupart des tour-opérateurs sont engagés au niveau du tourisme solidaire, éthique ou durable - peu importe l'expression employée. Certains communiquent facilement, tel Jean-François Rial, PDG du Groupe Voyageurs du Monde. D'autres, plus discrets comme Bruno Gallois, illustrent leur engagement dans leurs brochures. Libre au client d'en prendre connaissance.
Il est vrai qu'un tour-opérateur ne peut agir sur tous les fronts, s'engager dans toutes les actions face à ces deux problèmes majeurs que sont la pauvreté dans le monde et le réchauffement climatique.
Pourtant , chacun agit. Chacun communique ou non.
En ce qui concerne l'impact des émissions de CO², " Bruno Gallois précise que " la campagne CO² n'est pas un enjeu du Tourisme mais un enjeu global. C'est un problème gouvernemental et intergouvernemental.". Savez-vous que le transport aérien ne représente que 3% des émissions de CO2 et que dans ce domaine, le tourisme est nettement inférieur au tourisme d'affaires ?.
Déjà engagé dans la voie du tourisme solidaire, ce chef d'entreprise a donc décidé de franchir une étape et a interpellé la profession réunie lors des 2è Rencontres des Métiers du Voyage et du Tourisme à Cadix en avril 2007.
Son objectif : fédérer toutes les énergies au sein d'une Fondation du Tourisme durable, ni partisane, ni de clocher. Ecoutez les propos de ce patron responsable.
En effet, le DG de Marsans Transtours insiste sur le caractère indépendant de cette Fondation : " Ce n'est en aucun cas une fondation du SNAV - Syndicat national des agences de voyage - mais une fondation qui doit rassembler toutes les bonnes volontés. Le but est que nous soyons des acteurs réels, responsables du développement dans des pays qui nous apportent beaucoup. Nous devons montrer que les touristes ne sont pas des prédateurs, et prendre les choses en main avant que l'on nous impose des taxes."
Il est temps pour les acteurs du Tourisme
d'arrêter d'entreprendre des dizaines d'actions dispersées en ordre
dispersé. Il est temps " d'arrêter de se laisser imposer des actions
par des administrations d'en haut ou de dehors " .
Oui, l'industrie du tourisme se sent concernée dans le cadre d'un tourisme solidaire et équitable. Elle a décidé d'agir par elle-même.
Bravo pour cette belle initiative.









